Mercredi 6 juin 2007
3
06
/06
/Juin
/2007
11:41
Le capitaine Jack Sparrow doit s'acquitter
d'une dette de sang auprès du légendaire Davey Jones. Treize ans auparavant, Jack signait un pacte avec le maître des sept mers, dont l'esprit maléfique n'a d'égal que son apparence tentaculaire.
En échange de son âme, ce dernier lui promettait le commandement du mythique Black Pearl…
Aujourd'hui, Jones vient donc récupérer sa dette. Mais donner son âme à Jones est sans issue, il n'y a pas de rédemption possible, c'est devenir comme tous les membres de son équipage maudit, un
fantôme au physique aussi repoussant que terrifiant. Pour éviter ce sort funeste auquel Jack ne tient pas vraiment, il n'a qu'une solution : retrouver le coffre maudit de Jones où celui-ci a
caché son cœur...
----------------------------------------------------------------------------------------------------- 2,92/5
Alors que depuis près de 20 ans les films de flibustiers de tous bords (du Pirates de Roman Polanski à L’Ile aux Pirates squattée par Geena
Davis) avaient été de véritables sacrifies du box-office, l’homme qui fait exploser les décors plus vite que son ombre - soit Jerry Bruckheimer, décida de ressusciter le genre avec Johnny Depp
fardé et accessoirisé à n’en plus pouvoir, Orlando Bloom sans perruque blonde ni oreilles pointues, et une gamine britannique à peine sortie de la puberté dont personne n’avait jamais réussi a
prononcer le nom. Quelques centaines de millions de dollars plus tard, le film est un carton, Johnny Depp accède (enfin) au statut de star, Orlando Bloom conquiert les ultimes minettes qui ne lui
avaient pas encore succombé, et Keira Knightley était reconnue comme l’un des plus grands espoirs féminins des années à venir. C’est alors que Jerry Bruckheimer eut une idée de génie : « et si on
en faisait une trilogie ? ». Bien vu Monsieur Caisse-Enregistreuse !
Soyons honnêtes, la réussite du premier épisode tenait surtout à l’incroyable performance d’un Johnny Depp incontrôlable qui volait la vedette à ses partenaires et au film lui-même, avec une
incroyable évidence. De personnage secondaire, son Jack Sparrow était soudain devenu l’unique raison de voir le film, et Jerry Bruckheimer décida de changer de héros. Tant pis pour le gentil Will
Turner, Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit sera centré sur le capitaine déglingué. Vous vouliez du Jack Sparrow ? Vous allez en avoir. Le principe de cette suite consiste en
fait à surexploiter outrancièrement le succès du premier. On aura donc droit à 2h30 de batailles épiques (ou presque), d’explosions en tous genres (ah Jerry, quand tu nous tiens…), d’Orlando
Bloom en chemise blanche humide moulée sur son torse en plastique, d’amûûûûr pour la vie, de méchants pirates toujours maudits (mais pas les mêmes cette fois), et de Jack Sparrow, partout, sur
tous les plans, jusqu’à l’indigestion.
Le mot exact pour décrire ce nouvel opus serait « trop ». Trop long d’abord : les faiblesses de rythme sont cruellement ressenties. Trop d’action ensuite : Gore Verbinski filme des
scènes brouillonnes dont on ne sauvera qu’un plaisant trio à l’épée. Les décors volent en éclats à tour de bras, et l’on nage dans un n’importe quoi absolu. Quant à l’histoire, je mets au défi
quiconque de la comprendre entièrement dès le premier visionnage. En 2h30, Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit tente de réparer les imperfections de son prédécesseur, tout en
accumulant encore plus d’incohérences. L’intrigue est si fumeuse que l’on finit rapidement par se demander qui cherche quoi pour sauver qui, étant donné que les deux principaux intéressés
semblent fort bien se sauver tous seuls. Mais comme apparemment tout le monde s’en fout, on regarde le reste du film sans broncher, jusqu’au final qui nous laisse sur un cliffhanger à peu près
aussi exaltant que la vision d’un poisson rouge dans son bocal.
Impression finale : celle d’avoir observé avec curiosité et presque intérêt, des gens très agités remuer sur un écran. Ca fait passer le temps, ça peut se regarder en accéléré, c’est
rapidement fatigant. Vous savez quoi ? Je vais peut-être même pas le regarder 2 fois.